Wednesday, November 3, 2010

Il vaut mieux escompter le pire. Nous n'aurons que de bonnes surprises.

Il y a plus d'un groupe de caractères dans notre société.
Concentrons-nous aujourd'hui sur le premier.

Ce premier groupe qui se définit généralement par une attitude commune
face à l'adversité.

Définition : Faciles à dompter, il suffit de leur imposer une idée;
chose facile également, simple même quand on y pense, en dictant un ou
deux arguments faisant appel à la perception de soi en situation
sociale.
Agir sur le sensible, trouver ce qui les touche et ce qui leur
importe. Jouer sur les sentiments, voici la solution.

Timides, sensibles, plein de potentiel la plupart du temps, ces gens
du premier groupe sont de plus en plus fréquents au sein de notre
société.

"Potentiel caché", "qui gagne à être connu", "timide mais une tête
pleine d'idée", "brillant mais qui brille par son absence".

Potentiel caché oui, qui se veut dévoilé de jour en jour mais qui
rarement ose s'imiscer dans des réflexions sur terres inconnues, c'est
pour cela que ce groupe ne brille pas immédiatement en société.

Car après tout, quel en est le risque? Il en est un risque existant,
que de s'adonner à des propos sans pouvoir anticiper la refléxion
d'autrui. Risquer de se tromper, risquer de heurter les sentiments de
la personne en face de vous, tenter une approche qui se veut
philosophique, et risquer d'obtenir une retombée soporiphique. Un peu
comme ce texte que j'écris.

Est-il plus facile par écrit?

Que définit ce premier groupe? Ce groupe de ceux qui risquent peu, de
ceux qui suivent, objectent rarement et opinent souvent. De ceux qui
évitent l'échec et l'inconnu, l'imprévu, afin de ne pas risquer la
déception et surtout de ne pas affronter la surprise.

Oh oui.

Trop de risques que d'espérer que le vent tourne. Oh mon Dieu.

Espérer qu'une surprise soit bonne, changer de bus le matin sans
savoir si le chauffeur sera plus agréable ou plus grognon que celui du
8h17. Commencer par se brosser les dents à gauche et non à droite, ou
changer de marque de lessive.

Risquer. Oser. Tenter. Essayer. Imaginer.

Cinq mots similaires pour les spécimens du premier groupe. Et pourtant
si différents?

Imaginer : Non il ne faudrait pas imaginer, cela serait accepter le
fait que la vie pourrait être meilleure (ou pire) que la situation
actuelle. Cela serait s'accorder le temps d'être oisif et rêver à
quelque chose d'autre. Surtout imaginer pourrait amener à essayer.
N'oublions pas qu'Alain a dit "l'oisiveté est mère de toutes les
vertus", oui, "mais également de tous les vices".

Essayer : Que se passerait-il si on aimait? Si cette nouvelle chose
s'avérait mieux? Si se brosser les dents en commençant à gauche était
moins fatigant qu'à droite? Pourrait-on changer le système?

Tenter : Changer le système, implémenter un changement, imposer une
autre façon de faire les choses. Non, impensable. Non pas sans avoir
imaginé et essayé. Mais cela est trop risqué.

Oser : Seuls les fous osent, ces gens qui finissent dans la rue, non
pas les gens bien. Non, surtout ne pas oser fermer l'offce à 17h pile.
Il faut fermer à 16h54 pour avoir le bus de 17h13. Non, surtout ne pas
arriver à 9h23, cela signifierait se lever plus tôt et oser un
différent chauffeur de bus. Non, non.

Risquer : N'en parlons même pas. Je ne souhaiterais pas me risquer à
donner des idées de changement à mes lecteurs du premier groupe? Cela
est-ce la raison? Non, juste que le risque est un concept aveugle à ce
groupe. L'inconnu, un peu comme le rock pour le Pape, ou le théâtre
pour Sarkozy.

Le risque est un concept aveugle aux gens du premier groupe. Le risque
n'existe pas, que le mal. Si cela n'est pas normal, c'est le mal.
Après une profonde analyse des facteurs liés à un tel changement, une
évaluation précise de la situation est effectuée. Si il est trop
difficile d'évaluer comment la situation pourrait évoluer (= trop de
risques), cela finira forcément mal. C'est vrai qu'il est simple de
penser comme ça.

Ces gens sont tel un bateau qui resterait au port : ne courent aucun
danger mais ne vont nulle part.

Toujours la sécurité dans l'âme. La certitude que demain ne nous
apportera aucune surprise. Le confort que nous allons la où nous le
souhaitons.

C'est rassurant.

Mais mon Dieu que c'est chiant.

Posted via email from Jay Gee

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